6 obstacles majeurs à la liberté de la victime du manipulateur pervers

Pour prétendre à la liberté, la victime d’un pervers narcissique, qu’elle soit homme ou femme, doit franchir 6 obstacles personnels majeurs:

 

  1. Acceptation
  2. Addiction, manque
  3. Deuil de l’illusion, du rêve
  4. Honte, culpabilité
  5. Perte de confiance et d’estime de soi
  6. Peur

 

Chacun de ces 6 obstacles, dont la puissance varie d’une personne à l’autre, lui sont propres. Les affronter ne dépendra que d’elle-même.

Chacune de ces étapes est pour la victime une montagne à gravir, sans préparation, seule et en état de faiblesse. Sa survie même en dépend, et elle doit les franchir simultanément.

Elle seule peut s’en acquitter. Personne ne peut le faire à sa place. Et c’est malheureusement ce que demandent les victimes, terrifiées devant l’ampleur de la tâche.

 

Affolée, la victime demande de l’aide, demande à être comprise, demande à comprendre. Elle sait qu’elle a vendu son âme au diable.

 

Personne ne peut la juger et il faut l’avoir vécu pour le comprendre. Tout au plus peut on l’écouter, la soutenir, la guider. Le danger majeur étant que, paralysée par la peur, elle ne se fige dans l’emprise perverse attendant qu’il soit trop tard pour agir.

Braver ces 6 obstacles majeurs ne dépend donc que de la victime et non pas du manipulateur pervers, même si c’est lui, ou elle, qui a contribué à les faire grandir en elle jusqu’à la paralyser.

 

 

Voyons chacune de ces étapes vitales:

 

Acceptation:

Par acceptation, j’entends appropriation de sa part de responsabilité dans la situation traumatique. L’acceptation de ce qui est offre paradoxalement une grande puissance d’action. Accepter que l’on puisse modifier quelque chose, même la plus infime qui soit, est déjà une affirmation de sa propre puissance.

Il est primordial de comprendre la dynamique relationnelle qui a donné vie au piège mortel dans lequel la victime s’est enlisé, petit à petit, dans une longue agonie et bien souvent sans même s’en rendre compte.

Accepter la réalité demande beaucoup d’humilité, peut-être même de sagesse. C’est ce processus qui permet aux premiers petits changements bénéfiques de se produire.

 

Addiction, manque

La manipulation perverse amène progressivement la victime à être dépendante de l’autre. Au fur et à mesure qu’elle se renforce, l’emprise transforme profondément celui ou celle qui la vit. C’est un phénomène similaire à celui que pourrait provoquer une drogue dure. Elle suit un circuit neuronal proche de celui de la dépendance à la cocaïne. Prise de manière inconsciente au début de la relation, cette drogue imprègne progressivement tout l’organise et piège l’esprit dans un carcan, une contrainte invisible.

Lorsque la proie s’en rend compte, il est déjà trop tard. L’addiction a verrouillé le cerveau.

La victime du manipulateur pervers aura l’impression de ne plus pouvoir vivre sans l’autre, de ne plus pouvoir même respirer sans l’autre.

Le manque, ou l’idée même de l’absence, inflige des souffrances d’une rare violence.

 

Deuil de l’illusion, du rêve bleu

Une des caractéristiques des victimes de manipulateurs pervers narcissiques, hommes ou femmes, est sa grande capacité à rêver.

Pour croire dans les promesses merveilleuses du manipulateur pervers il faut être dans des dispositions favorables. Un état momentané de faiblesse viendra accentuer ce phénomène. La capacité à plonger dans des rêveries immatures n’est pas dépendant de l’âge biologique, mais plutôt de la maturité de l’esprit. L’âge tendre, celui des fleurs bleues et des princes charmants, tend en général à disparaître à l’entrée dans l’âge adulte et la confrontation avec les difficultés de la vie bien réelle.

La confrontation avec la vie de tous les jours fait tomber les illusions de l’enfant et crée un choc que certains ne peuvent affronter.

Il ne s’agit pas de ne plus rêver, de ne plus croire en ce qui est beau, ni de ne plus se projeter dans un bel avenir, mais bien d’assoir un peu plus de réalisme en phase avec le monde tel qu’il est, et non tel qu’il est rêvé.

C’est donc bien un deuil qu’il faut vivre, celui de l’illusion.

 

Honte

Ce que vit la victime d’un manipulateur pervers, est contre nature. La victime accepte, par soumission, par peur, par dépendance, bien plus que ce qu’elle n’aurait accepté dans une relation plus saine.

Malheureusement, la victime va piétiner ses propres valeurs, pour maintenir le lien avec l’autre.

En pataugeant dans la boue de la relation perverse, elle finit par perdre l’estime d’elle-même en adoptant des comportements qu’elle n’aurait pas eus autrement et à avoir honte vis-à-vis des autres, de ceux qui l’entourent et l’aimer d’un amour sincère.

Honte également de ne pas pouvoir se libérer du lien qui l’uni au bourreau, d’y retourner encore et encore alors que l’ombre de la mort plane déjà.

Lorsque la victime est un homme, la honte est peut être encore plus profonde, car elle est liée à la peur archaïque de perte de virilité.

 

Perte de confiance et d’estime de soi

Pour sombrer dans les pièges d’un pervers narcissique, il faut avoir certaines blessures, et notamment celles liées à l’estime de soi, de l’image de soi.

La plupart du temps, nous observons au début de la relation qui unit la victime à son bourreau, une réaction positive aux flatteries de celui-ci. Dans la phase de mise sous emprise, le manipulateur va tenter de se calquer aux besoins les plus inconscients de sa proie. En agissant ainsi, il va l’aider à se sentir précieuse, importante, unique, et cela fait du bien. La magie morbide peut alors opérer.

Ce prédateur va fondre sur sa proie lorsque celle-ci sera dans une période difficile. Cette situation transitoire pénible vient accentuer les failles liées à la peur du rejet, de l’abandon, de la solitude.

Tous les ingrédients sont là pour que le pervers narcissique mette main basse sur sa proie.

Après avoir remonté artificiellement l’estime de soi de sa proie, il va s’ingénier à la détruire tout le long du reste de la relation afin de mieux abuser d’elle.

 

Peur

La peur est légitime. Le pervers narcissique n’a d’autres règles que les siennes qui évoluent avec le temps.

Tant que la victime pense, réfléchit comme une personne « normale », avec des règles et conduites d’une vie saine, elle ne peut anticiper les coups tordus dont le pervers narcissique est capable. Il s’agit d’un fonctionnement totalement opposé, où seul l’intérêt personnel compte.

Avec le pervers narcissique on peut s’attendre au pire, et, la plupart du temps, c’est le plus abject qui arrive.

La peur, et la terreur même sont légitimes puisqu’il est très difficile d’anticiper les coups bas du manipulateur pervers, et que la situation d’épuisement de la victime diminue encore ses capacités de réaction.

Il s’agit bien d’une guerre qui ne dit pas son nom, dans laquelle tous les coups seront permis.

 

Conclusion:

En tant que professionnelle dans l’accompagnement des victimes de manipulateur pervers, il me semble important de mettre à plat tous les paramètres qui figent la victime dans la relation perverse.

Une auto évaluation  sur chacun de ces points est indispensable pour réussir à reprendre le contrôle de sa propre vie et d’en faire quelque chose de mieux.

 

Nous entendons souvent dire que nous disposons du « libre arbitre »…  C’est vrai, dans une certaine mesure. Il est important, comme nous avons pu le voir ici, de prendre conscience de la réalité intérieure de la victime car tous ces paramètres vont influencer sa capacité de réagir, d’agir de se métamorphoser.

Comprendre sa propre place dans la dynamique relationnelle en jeu permet d’ouvrir les portes du changement.

Geneviève SCHMIT – 6 septembre 2017


Geneviève Schmit - Coaching thérapeutique pour les victimes de manipulateurs pervers narcissiques ©Geneviève Schmit, experte dans l’accompagnement des victimes de manipulateurs pervers narcissiques.

 

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Thérapeute - Experte dans l'aide aux victimes de manipulateurs pervers narcissiques - Thérapie brèves - Psychologie positive

8 Commentaires

  1. Bonjour, merci pour cet article et temoignage…. oui on s’y retrouvent fortement… Moi ca fais 15 ans et 2 fils de 13 et 2,5 ans… depuis mars ( ou il m’avais quitté encore pour une ultime raison) j’ai su mettre des distances entre nous.. j’ai aménagée dans mon nouvel appart, et lui entre temps a voulu revenir… mais grace a certaines circonstances et grace a mon grand fils qui ma dit c’est lui ou moi, j’habite depuis seule avec mes enfants;… évidemment on est toujours ensemble, mais on vis chacun chez soi et on ce voit que le weekend car il habite pas tout pres… j’ai encore bcp de tendresse pour lui, car c’est le pere de mes enfants, et oui, l’emprise ne s’arrete pas aussi facilement… mais je me rends compte que j’arrive a vivre sans lui, et je me sens bien avec mes amours… je n’ai plus envie de cette vie qu’il ma offert jusqu’a présent… j’ai envie de vivre du nouveau, mais malgré la distance et le sérénitée qui est un peu revenu dans ma vie, je n’arrive pas a déccrocher a 100%… bientot il sera dans son appart et ne vivra plus chez des amis… et j’espere que petit a petit il ce fera une nouvelle vie et moi la mienne… meme si malgré tout je sais que ca me feras du mal de le voir changer de chemin…

  2. bonjour Geneviève,
    Voilà 12 ans ce mois de septembre que je vis avec un PN. J’ai eu le courage de louer une maison en cachette, mais la peur, cette peur dont vous parlez, me tenaille, je rajouterai un autre point à la liste : LA CULPABILITE.Celle de le laisser seul, puisqu’il n’a pas d’amis, il rejette sa famille, bref… sans parler qu’il a le don de me retourner le cerveau.
    Je suis en proie au doute perpétuel : un pas en avant, un pas en arrière… J’ai l’impression que je suis coupable de tout. Il m’accue d’être hystérique, obsessionnelle et instable… LA DESTRUCTION DE SOI avec son aide, puis avec la mienne puisque je bois ses paroles et je m’entasse moi-même, est un autre point qui fait très mal. Je terminerai aussi par cet autre point : UN PAS EN AVANT UN PAS EN ARRIERE… je pars je pars pas je pars je pars pas…. Je suis certaine que mes mots feront échos chez d’autres personnes…
    Aujourd’hui je risque de me retrouver sans plus un sous de côté si je n’arrive pas à partir, puisque je paie doubles charges, et cela en secret… un jour prochain j’espère avoir le courage de partir, et la lâcheté de lui laisser une lettre n’ayant d’autre choix car lui dire en face… j’ai peur…
    Courage à nous toutes qui sont tombées sur ces êtres odieux et qui nous ont privé d’une partie de notre vie, dont un enfant pour moi. Bien à vous Geneviève

  3. C’est exactement ce que l’ont ressent tout y es .
    Et malgré l avoir quitté c est difficile d avancer il y a toujours encore un manque bien que l’ont sachent que cette relation n est absolument pas bonne et cette perte de confiance es terrible pour les autres .
    J aspire ce jour où je serai libérée de toute ces émotions que j ai au fond de moi !
    Merci pour l article

  4. Bonjour,
    Bravo et merci vous avez mis des mots sur ce que je ressens…
    Moi j’en rajouterai un 7eme : le refus de s’être tromper… l’ego refuse l’humiliation de s’être fait berner, n’admet pas qu’on se Soit tant « fichue d’elle »,attend Que l’autre change Et redevienne le « lover » du début pour avoir raison, Que toute cette soufrance se justifie…

    • Merci pour ce témoignage de reconnaissance.
      Le refus de s’être trompé, l’entêtement à faire durer ce qui ne devrait pas l’être, sont, à mon sens, une résultante de ces 6 obstacles de base. Notamment la honte (à admettre), le deuil de l’illusion, l’acception …
      QU’en pensez-vous ?
      Avez-vous des exemples personnel de ces différents points?
      Merci pour votre contribution.
      Affectueusement, Geneviève Schmit

      • Oui Geneviève le refus pendant des années de s’être trompée et d’y croire encore et encore malgré toute cette souffrance moi j’y ai crus pendant plus de 30 ans .Il avait très bien tissé sa toile .Mais malgré toutes ces années d’emprises je suis la preuve vivante qu’on peut sans sortir , cela n’est bien sûr pas facile mais possible.Cela demande un grand travail sur soi même .

        Pour la honte : on n’est que des êtres humains avec nos qualités et nos défauts tous il n’y a aucune honte à avoir et les PN arrivent malheureusement très bien à appuyer seulement sur nos défauts en oubliant volontairement nos qualités et nous détruit petit à petit .

        Pour le deuil de l’illusion : oui encore oui tout n’est qu’illusion et ils arrivent très bien à nous mettre dans l’illusion surtout quand la proie tente de s’échapper .

        Et enfin l’acceptation oui admettre qu’on c’est trompé , qu’on ne peut pas les changer pour ma part j’ai crus pendant toutes ces années que j’y arriverai avec tout l’amour que je lui apportais . Et s’est quand j’ai enfin compris que s’était toujours à sens unique et que s’est plus de l’addiction que de l’amour que j’ai fait un grand pas en avant.Personne n’appartient à personne .

        Si je peux donner un conseil pour moi la méditation beaucoup aidée et je la recommande à toutes les personnes pour sortir de cette emprise machiavélique .

        Merci Mme Schmit pour toute l’aide que vous apportez
        Affectueusement, Martine

        • Bonjour,
          Merci pour ce témoignage de reconnaissance.
          Oui, la méditation, la respiration consciente, ma méditation pleine conscience comme nous l’enseigne le dr Christophe André, la sophro, marcher dans la nature, etc…
          Plein de bons comportement qui aide à reprendre se vie en main tout en la rendant meilleure encore !
          J’en parle dans certains articles.
          Affectueusement, Geneviève Schmit

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