Le pirate et le petit oiseau

Allégorie imaginée par une jeune maman qui a sauvé sa peau et celles de ses filles, in extremis.

 

Il était une fois, un pirate qui aimait beaucoup les oiseaux.
Très habile, il les attrapait avec une grande facilité.
Ils étaient tous différents, et certains étaient parfois magnifiques.
Ce qu’il aimait, c’était garder les plus beaux spécimens dans une immense volière.
Très fière de lui, il les surveillait du coin de l’oeil tout en s’en occupant, à l’occasion.

Un jour, ce pirate trouva un oiseau vraiment particulier. Il le voulait de toute ses forces, mais il était beaucoup plus difficile à capturer que tous les autres. Alors le pirate mis beaucoup de temps à l’apprivoiser, et, une fois docile, il était fier de pouvoir en faire tout de qu’il voulait.

Ce bel oiseau tomba aussi sous le charme du pirate. Il était prêt à tout pour lui plaire, prêt à tout pour le rendre heureux. L’oiseau l’aimait tant, et lui, le pirate, lui disait aussi qu’il l’aimait.

Mais le pirate avait très peur que son bel oiseau de paradis ne s’en aille loin de lui. Il avait terriblement peur qu’il ne s’échappe pour ne plus jamais revenir à lui.

Pour calmer son angoisse, le pirate plaça délicatement l’oiseau dans une superbe cage qu’il avait confectionnée lui-même avec tout l’amour dont il était capable.

Il le traita avec tous les égards portés à une princesse, pour ne pas qu’elle s’en aille.

L’oiseau semblait heureux avec son pirate, et pourtant …

Pourtant il arrivait que le pirate ait des excès de colère. Il devenait alors méchant, imprévisible, désagréable et insultait violemment l’oiseau, qui, totalement apeuré se blottissait au fond de sa belle cage. Dans toute la finesse de son intelligence, l’oiseau faisait de son mieux pour qu’il retrouve son calme. Il essayait d’éviter tout ce qui pouvait déclencher ses rages qui l’affolaient et l’épuisaient chaque jour de plus en plus.

Un jour, rassemblant tout son courage, l’oiseau demanda au pirate de lui offrir un peu de liberté. Il lui confia dans le creux de son oreille qu’il se sentait prisonnier dans cette merveilleuse cage, qu’il avait besoin de respirer le grand air, lui dont l’instinct est attiré par les voyages et l’aventure.

Le pirate n’était pas trop d’accord… Il se rendait compte que s’il laissait plus de liberté à l’oiseau, celui-ci pourrait s’enfuir et ne jamais revenir. « Tu es à moi petit oiseau, et je ne veux pas que tu partes! » Mais le pirate fini par lui promettre  de lui laisser un peu plus de liberté. « Regarde, la porte est ouverte petite oiseau, tu peux sortir quand tu veux! »

Bien sur, du coin de l’oeil le pirate surveillait attentivement tous les battements d’aile de l’oiseau, espérant qu’il ne s’aventure pas hors de la cage.

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Docile, et heureux de cette liberté imaginaire, l’oiseau resta dans sa cage, porte ouverte. En fait, depuis le temps qu’il s’y trouvait, il réalisa qu’il n’osait plus en sortir, il avait peur du vent, peur du vide. Il craignait même ne plus savoir voler. Et puis de toute manière, il aimait son pirate! Comment vivre sans lui? Sans lui, il serait tout seul, surement en danger et en plus, cette séparation blesserait le coeur du pirate!

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Mais au fond de sa cage, l’oiseau se sentait mourir. Il n’avait plus le goût de chanter, de rire, de danser, ni même celui de lustrer ses si belles plumes.

Son pirate était pourtant redevenu gentil et adorable comme au premier jours, mais, pour combien de temps ? En fait, l’oiseau était terrifié à l’idée que son pirate n’entre dans une colère immense qui pourrait l’anéantir à tout jamais!

Un matin, alors que la porte de la cage était ouverte pour son petit tour quotidien, l’oiseau se mit à reflechir, reflechir et réfléchir encore. VIVRE ou MOURIR! C’était de cela qu’il s’agissait!
Il sortit de la cage et vola, vola, vola durant des heures entières sans s’arrêter pour reprendre son souffle, et fila vers des contrées lointaines.

L’oiseau se doutait bien de la fureur que son escapade avait dû déclencher sur le bateau et savait que le pirate finirait par le chercher et il le chercha effectivement en remuant ciel et terre. Il était dans une colère meurtrière et une rage folle de s’être fait avoir par cet oiseau de malheur! Mais c’était un choix à prendre, et l’oiseau su profiter des forces qui lui restait et de la chance qui s’offrait à lui. Vivre libre ou mourir au fond de cette cage !

Oui, la plupart du temps les oiseaux ne reviennent pas dans leur cage.

 

Sabine, un bel oiseau qui s’est envolé, juste à temps.

Janvier 2018

 

© Geneviève Schmit - 26 février 2018

Geneviève Schmit - Experte dans l'aide aux victimes de manipulateurs pervers narcissiquesPropos recueilli par  Geneviève Schmit, experte dans l’accompagnement des victimes de manipulateurs pervers narcissiques.

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A propos Genevieve Schmit

Thérapeute - Experte dans l'aide aux victimes de manipulateurs pervers narcissiques - Thérapie brèves - Psychologie positive

Un Commentaire

  1. Très jolie histoire qui résume bien la prédation d’un côté et l’état psychologique de la victime du MPN dans ses justifications à rester prisonnier pour le « sauver »…jusqu’au jour où…il faut se sauver soi même pour sauvegarder l’intégrité du Soi. Un grand Bravo aux victimes de MPN de pouvoir s’arracher à ce chaudron de sorcière aussi doré soit-il.

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