La mort comme seule issue

Je sais que personne ne comprend pourquoi je reste avec une personne comme lui, que personne ne comprend pourquoi je l’aime. J’imagine qu’on me pense perverse et surtout conne car je m’acharne à vouloir rester avec lui depuis des années alors que je n’ai ni enfants, ni biens avec lui. En fait, rien ne m’oblige à rester avec lui si ce n’est la folle volonté de préserver l’amour énorme que je lui porte.

J’ai l’impression que cela échappe à tout le monde. J’ai même entendu me dire que je mérite ce qui m’arrive car je ne fais rien pour y mettre un terme, que je retourne avec lui après chaque ruptures.

Je ressens pourtant le besoin de dire à quel point je souffre et que je me sens seule, impuissante.

J’ai envie de me libérer de cette souffrance, mais je n’y arrive tout simplement pas. Je pense maintenant au suicide pour mette fin à cette immense souffrance.

Je suis peut-être aussi perverse que lui, aussi folle en tout cas, j’ai conscience d’avoir un gros problème.

Le soir surtout je n’en peux plus et l’idée de la mort m’obsède.

Je suis partie en vacances avec lui et ses enfants. Avant de partir, je lui ai bien précisé que je l’accompagnais à condition qu’il se protège avec un préservatif. Bien sût il me l’a promis, et bien sûr, il ne l’a pas fait. J’avais tellement peur de le froisser, de le mettre en colère,  je voulais tellement que tout se passe bien que je me suis laisser faire. Durant toute la semaine nous avons des rapports non protégés.

Je réalise à quel point je vais trop loin, à quel point je m’oublie pour lui, à quel point je me fais du mal, et tout cela, juste pour continuer à le voir. Je lui donne mon corps, mon âme pour qu’il en fasse ce qu’il veut …  juste pour ne pas le perdre.

Quant à lui, il me dit que je suis vraiment conne de chialer comme çà, qu’un avortement ce n’est qu’un caillot de sang à expulser. Il me dit que de toute façon,  vu que je suis « connasse », je ne pourrais certainement pas tomber enceinte. Ensuite, après un rapport non protégé, il rigole en me demandant comment je vais l’appeler.

Je me sens prisonnière de cette relation. Je l’aime et en même temps il me dégoute. Je lui en veux pour tant de choses. J’ai envie qu’il souffre le martyr et en même temps, de toute mes forces je veux l’aider.

J’ai même assisté à des violences physiques et verbales sur ses propres enfants. Même sa mère minimise les choses. Elle le justifie et le défend bec et ongles son fils.

Je ne sais plus quoi faire pour l’aider. Je suis épuisée de ses réactions d’enfants, de ses insultes, de la peur qu’il fait régner en permanence. Je l’entends encore me dire à quel point je suis laide et pourtant qu’il m’aime même si j’ai une sale gueule, que je suis belle, que je suis une chienne et une sale pute.

Il dit cela devant tout le monde tout en faisant en sorte que ce soit crédible ou risible. Je pense ça aussi de moi-même. Je pense que tout est de ma faute.

Et il essaie de se rendre parfait aux yeux des autres et y arrive souvent. Quant à moi, je me sens devenir folle.

J’ai toujours cette sourde envie qu’il paie pour ce qu’il me fait, mais il n’est jamais puni. Il s’en sort toujours avec son petit rictus narquois, ses blagues vulgaires, et son petit sourire en coin, sadique.

Je déteste sa façon de me regarder sans amour, de sourire face à mes larmes, de m’appeler « pupute », de me tirer par les cheveux, de faire passer ses remarques déplacées pour de l’humour, de minimiser le mal qu’il me fait, et d’ignorer complètement ma souffrance.

Cela fait 5 ans maintenant que je souffre de cette relation qui n’en est pas une. Je n’ai pratiquement que de mauvais souvenirs avec lui. Je n’ai plus d’espoir…

Il a 37 ans et il ne changera pas. Même avec tout l’amour que j’ai à lui offrir et toute la bonne volonté du monde, j’ai conscience que je ne pourrai jamais rien pour lui. Il ne sera jamais là pour moi, même si j’ai tant besoin de lui. J’ai parfois l’impression qu’il n’est pas humain et que je me fracasse contre un cœur de pierre.

Maintenant, je lui cache mes larmes pour qu’il n’ait plus le plaisir de sentir ma souffrance. Mais la vérité est que chaque jour il me détruit un peu plus au plus profond de moi. Il tue tout ce qu’il y a de bon en moi, tout ce qui est vivant en moi, et je crève de mal.

Je m’en veux terriblement d’aimer un homme comme lui, de ne pas arriver à le fuir, à le laisser seul avec son âme sombre. Restant dans le supplice, je lui permets de le laisser noircir la mienne.

Je sens plus en moi que le vide et la souffrance et pourtant, je veux seulement être auprès de lui. Mais même auprès de lui ça ne va pas! Je ne supporte plus son regard posé sur moi, sans expression, ses coups, la pression qu’il me met, ses silences lorsque je lui clame mon amour.

J’ai envie d’en finir avec ma vie. J’aimerais pourtant un miracle, j’aimerai qu’il aille mieux!

Tout mon amour il l’ignore, tout ce que je fais pour lui il l’ignore, même quand je lui parle il m’ignore.

Il dit qu’il m’aime. Et pourtant j’ai l’impression que si je mourrai il ne verserait pas une larme.

Peut-être que me suicider devant ses yeux serait la seule manière de le toucher, juste un peu, suffisamment pour qu’il se dise que c’est dommage que son bouc émissaire soit mort et inutilisable maintenant.

 

Témoignage d’une des victimes du Groupe de soutien que j’administre sur Facebook.

A propos Genevieve Schmit

Thérapeute - Experte dans l'aide aux victimes de manipulateurs pervers narcissiques - Thérapie brèves - Psychologie positive

6 Commentaires

  1. elle est drogué , intoxiqué par elle même , pas par lui . lui , il a vu la faille , il l exploite avec son consentement a elle . lui , visiblement , ça ne lui cause pas de problm . elle y trouve son compte dans son désir d avoir mal et d être victime consentante . MAINTENANT , on le retire de l équation , qu est ce qui va changer , rien , car c est autre chose qui prendra sa place , avec les même effet . il n y a qu elle qui peut se sortir de la , car tout le problm vient d elle , pas de lui . maintenant elle veut obtenir quelque chose de quelqu un dont elle sait pertinemment qu elle ne l auras jamais et en plus , il lui dit ,  » puisqu elle est conne  » . elle a 2 problm en réalité . sur un plan freudien , elle ne fait que reproduire une situation , dut a un bug dans son passé , pour refusé une vérité douloureuse , qu elle n accepte pas . puis a un problm de blocage neuronale ( ce qui l empêche de réfléchir a bonne escient ) , dut a ce bug , qui a fermenté au cours des années , pour donner une image , c est un disque rayé qui répète inlassablement sa course , la fêlure du sillon du disque , c est la connexion neuronale , qui se creuse toujours plus au fur et a mesure des années , et la course , le périmètre du disque parcouru , qui revient a son point de départ , c est sa situation qui se reproduit inlassablement , conclusion , elle souffre du syndrome de Sisyphe . il lui suffit simplement qu elle en prenne pleinement conscience , avec un psychothérapeute par le biais d une recherche de son passé , via l hypnose et le problm est résolu définitivement . ah oui j oublie , le veut elle réellement , résoudre ce problm , je ne le croit pas , car c est un monde virtuel qu elle s est fabriquer pour ne pas affronter la réalité , qui est devenu sa propre réalité ( d ou sa propre intoxication par elle même ) elle est tout simplement son propre bourreau , sur une action dont elle en a été victime elle même et refuse d en comprends le pourquoi . alors elle se fait un contre mal , pour masquer sa vérité qu elle ne veut pas voir . finalement le cerveau trouve toujours des solution , même si la solution n est pas toujours génial ….

    • Témoignage bouleversant…commentaire de robesse pierre terrifiant. Je dirais que c’est de la psychologie à 2 balles (de révolver, tiens !)
      Certainement qu’elle a sa part dans ce jeu pervers, du fait d’un « beug » dans son passé…(un peu d’hypnose et pfuittt ! tout est réglé ! magie !) mais l’autre ?
      L’autre, qui a dû avoir un gros « beug » dans son passé, a opté pour le rôle de tortionnaire…
      Les violeurs, les pédophiles, les tortionnaires, les psycho-pates- tiques, ont eu de gros « beug », les nazis, était il « normal » qu’ils prennent leur pied dans leurs activités ? et les victimes de toutes ses rencontres, doit on leur rentrer dans le crane que rien n’est fortuit, que si on sort le bourreau de l’équation on découvre que le problème ce sont elles ?
      On ne peut concevoir que ce que l’on peut imaginer. Voilà déjà une explication à l’incompréhension. Celle de la victime face au comportement surréaliste de son bourreau, et qui plus est celle des autres, qui ne vivent pas cet enfer.
      Le cerveau de la victime se décompose, se morcelle comme un puzzle, perd tous ses repères.
      J’imagine que plus la relation dure, plus les dégâts sont profonds.
      Il est inconcevable de penser pouvoir prendre son pied en torturant quelqu’un, donc c’est impossible. La victime n’y croit pas, encore moins l’entourage. Double enfermement, qui morcelle encore davantage le psychisme de la victime.
      S’en suit une dévalorisation insurmontable. Normal de rester avec son bourreau, il apparait comme le seul à lui trouver une certaine valeur
      Parcequ’il y a aussi la notion de Justice qui rentre en ligne : comment le cerveau peut il enregistrer les méfaits commis au vu de tous et l’impunité du tortionnaire ?
      Tels les enfants, torturés à domicile et qui n’en peuvent mais, alors qu’ils sont censés être protégés, de droit et de fait, par les adultes. Et, si ce n’est par leurs parents, par les autres adultes, qui ont le recul nécessaire de la situation de danger…
      La Justice est là pour protéger les victimes des agissements nuisibles, non pour leur expliquer qu’elles s’y sont mises toutes seules. Et que je sache, les victimes de pervers se font dépouiller, ce sont elles qui sont abusées. « Abus de confiance » cela s’appelle. Pire que l’abus économique, aussi terrible que l’abus sexuel, car le ressort est affectif et dans ce registre la victime est totalement nue.
      Je souhaite beaucoup de courage à cette femme, je lui souhaite aussi beaucoup d’empathie dans son entourage, beaucoup d’encouragement, de revalorisation, de patience de la part de ceux qui l’aiment.

  2. Témoignage bouleversant et poignant…
    Et  » nous » comment pouvons nous venir en aide à cette personne en détresse voire en danger de mort?
    C’est un système de double lien dans lequel elle est enfermée.

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